camsex

Se soigner par les plantes Creoles ( Jean Claude AUTRAN – INRA, Ile Reunion 974 )

LE GUIDE DE PHYTOTHÉRAPIE CRÉOLE

Bien se soigner par les plantes créoles

Ce texte entend redonner les remèdes naturels créoles à la place qu’ils méritent. Longtemps, les plantes médicinales étaient le seul recours face aux maladies. La médecine occidentale moderne a trop hâtivement balayé, en les rabaissant au rang de « recettes de bonne femme », les recettes à base de plantes apprises au fil des générations. En fait, ces recettes créoles sont de « bonne fame », c’est-à-dire de bonne réputation. Elles font partie de la mémoire collective et il nous appartient de les transmettre aux futures générations. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) encourage aujourd’hui tous les pays à perpétuer leurs traditions dans le domaine des plantes médicinales.

La phytothérapie, nom savant de la thérapeutique par les plantes, est l’objet de ce guide pratique qui porte sur la pharmacopée créole basée sur les mêmes traditions médicales populaires, à la Réunion, à l’île Maurice et dans les autres îles créolophones de l’archipel des Mascareignes. L’essentiel de la médecine créole repose sur la phytothérapie et de nombreuses plantes sont utilisées de la même façon dans l’océan Indien.

Le renouveau d’intérêt incontestable pour les plantes médicinales signe un retour vers la nature. Le recours à une médication plus douce que les médicaments de synthèse permet une utilisation prolongée évitant les effets indésirables. La phytothérapie occupe une place de choix dans plusieurs domaines, comme les troubles de l’appareil digestif et locomoteur et bien d’autres affections et maux quotidiens. Plutôt que de les opposer aux médicaments classiques, les remèdes à base de plantes peuvent prendre une place complémentaire dans la prise en charge des affections courantes et ils peuvent être pris en prévention des nombreuses maladies grâce aux dizaines de phytonutriments qu’ils contiennent. Les plantes médicinales, en général bien tolérées, appropriées à certaines maladies, à la fois curatives et préventives, doivent occuper une place importante en thérapeutique.

Des milliers d’études scientifiques ont examiné les composés bioactifs des plantes médicinales tropicales. Un grand nombre de leurs propriétés a ainsi été confirmé et ces travaux ont montré qu’il y a de nombreuses possibilités thérapeutiques dans le règne végétal alors que la chimiothérapie devient de plus en plus compliquée et n’apporte pas toujours les résultats attendus. Ces recherches permettent d’offrir plus de sécurité d’emploi des plantes et elles ouvrent de nouvelles perspectives en matière de prévention et de traitements de nombreuses pathologies.

Contrairement au médicament, la plante médicinale n’apporte pas seulement un principe actif mais une multitude de composés aux effets thérapeutiques complémentaires, formant un complexe biochimique équilibré, le totum. Son action plus douce et en profondeur permet d’équilibrer le corps en stimulant les défenses naturelles.

Dans la tradition créole, les plantes constituent les remèdes des affections courantes mais leur rôle s’élargit à la prévention des maladies et à l’alimentation : elles sont à la fois plante-médicament et plante-aliment. C’est d’ailleurs le cas dans toutes les sociétés traditionnelles, comme le soulignent Jean-Pierre Barou et Sylvie Crossman dans Les Clés de la santé indigène : « Pour redresser l’équilibre des humeurs, le praticien va faire appel à l’alimentation, il ne s’agit pas d’un simple apport alimentaire, mais du rôle subtil des aliments dans la construction d’un nouvel équilibre en relation étroite avec une bonne harmonie entre le monde et le sujet. »

Ce guide de phytothérapie constituera un outil pour intégrer la médecine populaire dans la thérapeutique moderne. Il inclut les dernières recherches concernant les apports alimentaires et le rôle essentiel des micronutriments pour préserver notre capital santé.

Je le dis avec force : n’abandonnez pas les remèdes des naturels, ils sont efficaces et bien tolérés ; au contraire, soutenez les plantes de votre terroir car elles soignent bien plus que votre organisme. Se soigner avec les plantes du terroir permet de perpétuer les savoirs naturalistes populaires, d’entretenir avec elles une relation ancestrale et de réaliser l’importance de prendre soin et de protéger la nature et la biodiversité dans nos régions.

Au fil des pages, vous découvrirez les remèdes naturels pour le traitement des affections les plus courantes, ainsi que de nombreuses recettes à base de plantes qui ont fait leurs preuves tant en prévention qu’en traitement des maladies. La phytothérapie s’inscrit dans une prise en charge comportant une hygiène de vie et une diététique adaptée, c’est pourquoi, tout au long de l’ouvrage, des conseils hygiéno-diététiques accompagnent les remèdes à base de plantes.

La phytothérapie créole issue du patrimoine est promise à un grand avenir et certaines plantes médicinales constitueront demain des thérapeutiques de choix dans plusieurs affections. Nous souhaitons que cet ouvrage participe à l’évolution de la médecine empirique créole vers une véritable phytothérapie moderne et raisonnée.

ORGANISATION DE L’OUVRAGE

La phytothérapie créole se veut pratique pour présenter des remèdes à base de plantes médicinales créoles des Antilles-Guyane et des Mascareignes (Réunion, Maurice, Comores). Dans une première partie, il retrace l’origine de la phytothérapie créole, décrit les pratiques médicinales populaires, les plantes médicinales utilisées, les bienfaits et les limites de la phytothérapie, les phytonutriments et leur pouvoir sur les fonctions organiques, les apports nutritionnels conseillés, les composés responsables des activités pharmacologiques des plantes. La deuxième partie est consacrée à la phytothérapie créole en pratique et décrit l’utilisation des plantes médicinales chez l’enfant, comment récolter les plantes, les sécher et les conserver, leurs différents modes de préparation et le dosage des remèdes. Sont détaillées ensuite les principales affections avec une description des symptômes, les remèdes à bases de plantes et des recettes pour les préparer qui ont fait leurs preuves aussi bien en terme de sécurité que d’efficacité. Pour chaque plante utilisée sont donnés les principaux noms vernaculaires créoles et le nom scientifique. De nombreux conseils sur l’hygiène de vie et l’alimentation accompagnent chacun de ces chapitres et insistent sur les bienfaits du drainage de l’organisme par les plantes. Les recommandations tiennent compte des dernières recherches menées sur les plantes.

À la fin de l’ouvrage sont donnés une bibliographie, un lexique des expressions créoles, un glossaire, un index des affections, un index des noms vernaculaires et scientifiques des plantes.

PHYTOTHÉRAPIE CRÉOLE

 

La phytothérapie créole résulte d’un processus historique naturel et social identique dans les pays d’outre-mer, basé sur une société de plantation néocolonialiste avec les mêmes rapports maître-esclaves et colonie-métropole. Ces sociétés créoles et leur médecine ont en commun une population variée du fait de la diversité ethnique et du brassage des populations qui ont peuplé ces îles. Les colons blancs venus de métropole, les Noirs d’Afrique, les Indiens, les Chinois ont successivement apporté leurs traditions médicales et leur métissage a donné naissance à une forme singulière de phytothérapie. La phytothérapie créole est le reflet de cet héritage africain, européen et asiatique, auquel il faut ajouter l’influence amérindienne aux Antilles et surtout en Guyane.

Le large usage qui est fait des mêmes plantes par les communautés créoles des tropiques met en exergue une attitude identique vis-à-vis du milieu naturel : leur contribution à la circulation des plantes. En effet, l’histoire des sociétés créoles est intimement liée à celles des colons et des navigateurs. Les premiers colons tentèrent de naturaliser les plantes européennes ou d’autres plantes tropicales d’intérêt médicinal qui traversèrent rapidement les océans. De nombreux botanistes ont importé des espèces de toutes les régions tropicales qui se sont acclimatées sur leurs terres d’adoption. Ce chassé-croisé explique pourquoi de nombreuses plantes se retrouvent dans l’océan Indien et dans la Caraïbes. C’est le cas de la pervenche de Madagascar, plante utilisée comme coupe-faim par les navigateurs qui a rendu de nombreux services aux diabétiques et qui est toujours employée comme anti-diabétique dans la médecine créole, ou de l’ayapana ou japana (Eupatorium triplinerve), originaire d’Amérique du Sud devenue une des plantes médicinales les plus utilisées dans les Mascareignes et dans la Caraïbe.

Aux Antilles et en Guyane

À l’époque précolombienne, lors de la venue des Arawaks au début de l’ère chrétienne, et surtout plus tard au Xe siècle, lors de la migration des Caraïbes du Nord de l’Amérique du Sud dans l’arc antillais, beaucoup d’espèces médicinales ont été introduites soit volontairement soit involontairement, avec des semences. Contrairement aux idées reçues, les divers Amérindiens des Antilles ont contribué à enrichir la flore indigène en important des espèces venues d’Amérique continentale que les premiers colons crurent indigènes telles la pomme cannelle, l’icaque, le corossol, la noix de cajou, le manioc, le cacao, le maïs, le tabac, le ricin, le génipa, le piment, etc.

La nature antillaise, qui forme un manteau végétal sur toutes les îles, suscite l’émerveillement des premiers découvreurs, tel Chanca, le médecin compagnon de Colomb :

« La Dominique est une île montagneuse très belle, très verte, y compris l’eau, c’était une joie de la regarder parce qu’en cette saison, il n’y a pas en notre terre de choses aussi vertes. »

Les jardins caraïbes, nommés imainnali, ichali, moanna, maynabou, étaient entretenus par les femmes dans les bois entourant les villages ; y étaient cultivées les plantes médicinales, alimentaires et utilitaires. Certaines plantes médicinales étaient semicultivées en forêt ou en bordure de mer. Nombreuses sont les plantes médicinales caraïbes qui n’ont toujours pas été identifiées : caiouy, oubou, outiri, taricae, kitouliaba, manallou, iripali, riboulissi, chouchourou, chipiou, etc.

Les femmes connaissaient mieux les vertus des plantes que les hommes : « Le soin qu’elles ont à soigner les malades et les blessés leur a acquis une connaissance merveilleuse des simples, avec lesquels elles guérissent une infinité de maux » (Du Tertre, 1671).

Le Père Breton fut l’un des premiers chroniqueurs au XVIIe siècle à rapporter les connaissances de la nature des Indiens caraïbes : « Il faudrait avoir un grand loisir pour apprendre des sauvages les noms et vertus des plantes, des arbres et autres choses de ces terres. Ils ont sûrement de grandes connaissances dont on ne sait le nom en Europe. »

Il est vrai que les premiers explorateurs ne manifestaient pas un grand intérêt envers les pratiques médicales, même dans le domaine de l’utilisation des plantes médicinales. L’apport amérindien dans la phytothérapie antillaise est pourtant beaucoup plus important qu’il n’y paraît et concerne bien d’autres plantes que le génipa, le roucou, le gaïac, le calebassier ou le gommier rouge. Il a été déterminant en Guyane où les ethnies amérindiennes ont conservé leurs coutumes sur l’usage des plantes médicinales. Parmi les remèdes du Nouveau Monde, un des plus célèbres fut le gaïac, remède indien des pians, maladie infectieuse proche de la syphilis. Le bois de gaïac fut importé en Europe au début du XVIe siècle pour traiter la syphilis. D’autres plantes du Nouveau Monde furent introduites sur le Vieux Continent telles la salsepareille, le sassafras, le tabac, le quinquina.

Anciennement appelé jardin à nègres, le jardin de case s’est développé au XVIIIe siècle, époque où les ordonnances du 15 octobre 1786 puis celle de 1840-46 prévoient qu’il soit distribué à chaque esclave une petite portion de l’habitation pour être cultivée. L’étendue des jardins dépendait de l’importance de l’habitation et parfois il n’y avait pas assez de lopins de terre pour tous. Aux Antilles et en Guyane, le système esclavagiste de l’époque a tenté de limiter les pratiques thérapeutiques d’origine africaine et les a interdites jusqu’au XVIIIe siècle par plusieurs ordonnances et arrêtés royaux.

Après l’abolition de l’esclavage, s’est constituée une économie d’autosubsistance en marge de l’économie de plantation caractérisée par la multiplication des cases et de leurs jardins, contribuant à la richesse de la flore populaire. En Guyane, la marque des communautés amérindiennes est plus sensible qu’aux Antilles du fait que les Créoles et les Amérindiens se sont cotoyés depuis la colonisation.

Dans les Mascareignes

L’archipel des Mascareignes qui comprend les îles de la Réunion, Maurice et Rodrigues fut découvert au début du XVIe siècle par Pero Mascarenhas, un navigateur portugais. Couvertes de végétation lors de leur découverte, les îles des Mascareignes possédaient une flore remarquable caractérisée par un fort pourcentage d’espèces endémiques. La végétation naturelle a subi au cours des siècles des dégradations importantes voire désastreuses. Le couvert forestier d’origine fut défriché par les colons pour développer les cultures du café, des épices puis de la canne à sucre, et la flore d’origine fut presque totalement décimée. Ces cultures intensives furent à l’origine de la traite d’esclaves malgaches et africains et, à l’abolition de l’esclavage, de l’importation de main-d’œuvre indienne. Contrairement aux Antilles et Guyane où l’influence amérindienne fut marquée, les premiers colons des îles des Mascareignes n’ont pas profité d’un héritage naturaliste indigène. Désemparés, les colons blancs ont recours aux savoirs des Malgaches et des Africains qui les ont accompagnés au début de la colonisation pour travailler dans les plantations.

Les premiers tradipraticiens étaient sans aucun doute des Malgaches ; mais chaque groupe ethnique a apporté une culture particulière et leur métissage est à l’origine de la médecine créole actuelle.

Comme aux Antilles et en Guyane, le pouvoir colonial a tenté d’interdire les pratiques médicales africaines pour imposer ses conceptions européennes de la médecine et d’éviter les empoisonnements redoutés des maîtres. Ces pratiques ont cependant perduré, comme le reflètent plusieurs affections désignées par des noms malgaches comme le tambave (tambavy à Madagascar) à la Réunion, à Maurice, à Rodrigues et aux Seychelles.

Après l’abolition de l’esclavage au milieu du XIXe siècle, même si elle n’influence que peu les pratiques médicinales populaires, une forte migration indienne et chinoise apporte de nouvelles plantes médicinales et des rituels des pays d’origine. Quelques pratiques indiennes se sont réfugiées dans la sorcellerie et le médico-magique et perdurent de nos jours. L’influence européenne dans la médecine populaire fut plus marquée et la plupart des tisaneurs sont des descendants de colons blancs. Les vieux concepts médicaux européens se retrouvent encore dans les représentations populaires du corps et des maladies, ce qui explique les fortes analogies existant avec la médecine créole antillo-guyanaise.

LA MÉDECINE CRÉOLE

La pratique médicale créole

Que ce soit aux Mascareignes ou dans la Caraïbe, les pratiques médicales populaires restent très vivaces malgré l’évolution des mentalités et la menace de la modernité. La population a toujours recours aux plantes pour se soigner et utilise les plantes médicinales pour prévenir et soigner un grand nombre de maladies. Ceci dit, les connaissances de plantes qui guérissent sont de moins en moins transmises oralement de génération en génération au sein de la famille.

De nombreuses pratiques de la médecine créole sont empreintes d’une dimension magique ou symbolique. Les traditions africaines d’origine ont joué un rôle prépondérant, à côté de l’influence exercée par la magie que les Européens ont importée en même temps que le Christianisme. Mais toutes les ethnies qui composent la société créole ont introduit des pratiques magiques de leur patrimoine. Dans la pratique médicinale populaire, les préparations font souvent l’objet de tout un rituel en relation avec le domaine magico-religieux : casser une feuille en trois évoque la Trinité divine, d’autres médications sont accompagnées de neuvaines qui sont des prières aux saints spécialistes du traitement comme saint Benoît et saint Expédit à la Réunion. Les tisanes sont souvent prises pendant sept ou neuf jours et toujours un nombre impair de jours, le chiffre 7 symbolisant les sept jours de la création. Certains arbustes et arbres sont dotés d’un fort pouvoir symbolique et utilisés avec respect. C’est le cas du bois de senteur (Dombeya populnea) à la Réunion et du bois mondongue (Picrammia pentandra) aux Antilles, qui doivent être payés avant qu’une branche en soit prise pour un usage médicinal. Les bains de plantes jouent un rôle prépondérant pour chasser les mauvais esprits ou la « malice » jetée par un sort.

La relation entre pharmacopée et magie s’exprime directement à travers les remèdes qui peuvent être obtenus pendant les rêves. Le recours à des pratiques magiques intervient aussi pour traiter une maladie rebelle aux autres médications et pour les maux qui n’obéissent pas à la logique du chaud et du froid et qui peuvent être attribués à la sorcellerie.

La médecine créole prend en charge un large spectre de maladies définies par le langage courant auxquelles s’ajoutent des pathologies proprement créoles soit dans leurs noms, comme le tambave à la Réunion ou la gratelle aux Antilles, soit dans leurs interprétations comme les inflammations, la blesse aux Antilles ou l’hernie à la Réunion.

Les recettes associent le plus souvent plusieurs plantes, avec des variations d’une personne à l’autre mais toujours avec une logique qui se répète dans le choix des principales plantes pour traiter une affection donnée. Souvent, les utilisateurs associent les remèdes à base de plantes médicinales aux traitements médicamenteux.

Les plantes médicinales

Parmi les plantes les plus utilisées à la Réunion, à l’île Maurice et aux Antilles-Guyane figurent des espèces venues d’horizons divers comme la menthe, la citronnelle, le vétiver, le plantain, l’ayapana, la liane poc poc ou bonnet carré, l’oranger amer, l’herbe bouc ou herbe à femme, l’herbe à vers ou herbe botrice, l’orthosiphon, la margose ou gingembre douleur. Les remèdes de la Pharmacopée populaire créole sont généralement réalisés à partir de plantes domestiques dont la majorité est entretenue dans les jardins des maisons, les jardins de case, appelés jardins bo kai en créole antillais, situés généralement à l’arrière des maisons (jardin arrière). C’est aussi avec les herbes des chemins, en créole antillais « rimèd razyé », littéralement remèdes des friches, plantes des haies, des taillis, des fossés et des chemins, que sont préparés les thés et les tisanes créoles. Beaucoup de ces plantes sauvages sont domestiquées dans les jardins familiaux. D’autres plantes, plus rares sont cueillies dans les forêts et dans les mornes environnants mais sont souvent menacées d’extinction.

Grâce à l’isolement insulaire et au brassage génétique durant de longues périodes, la flore des Antilles et des Mascareignes est caractérisée par un pourcentage important d’espèces endémiques.

Depuis leur « découverte » au XVe et XVIe siècles, les flores des Antilles et des Mascareignes ont subi des modifications considérables. Aux espèces réellement indigènes se sont ajoutées de nombreuses plantes importées de toutes les régions tropicales et qui, pour la plupart, se sont naturalisées et font partie actuellement du paysage anthropique d’où est tirée la majeure partie des plantes médicinales utilisées de nos jours.

Le cas de la liane Cayenne est révélateur de la large circulation des plantes et de leurs emplois dans tout le bassin caribéen. Introduite du Laos par les Hmongs en Guyane dans les années 80, cette liane fut apportée rapidement aux Petites Antilles pour ses vertus antidiabétiques, où elle y a supplanté les autres remèdes populaires du diabète. De renommée mondiale, l’ayapana ou japana fut importé du Brésil à la Réunion au début du XIXe siècle. Cette plante est devenue, tant à la Réunion qu’aux Antilles, un des remèdes classiques de la Pharmacopée créole.

Bien que le créole soit caractérisé par une grande variabilité des noms des plantes, on retrouve aux Mascareignes et dans le bassin caribéen les mêmes appellations pour les mêmes plantes : herbe à vers, pourpier, safran, gingembre, corossol, casse puante, tamarin, papayer, ayapana, citronnelle, vétiver, avocatier, lilas, sensitive, cocotier, bananier, plantain, grenade, café, piment, absinthe, armoise, anis, dartrier, ricin, menthe, cannelle, ail, arrow root, belle de nuit.

Diverses enquêtes ethnopharmacologiques dans l’océan indien et dans la Caraïbe confirment la convergence importante de l’utilisation des plantes médicinales dans la médecine créole.

Pour n’en citer que quelques-unes : le goyavier, l’icaquier et la malnommée ou Jean-Robert antidiarrhéiques, l’herbe à vers, l’ail, le pourpier, le grenadier et le papayer vermifuges, le japana ou ayapana, la citronnelle digestive et fébrifuge, l’absinthe et la menthe glaciale ou tanaisie apéritives et vermifuges, l’armoise digestive et emménagogue, le coquelicot rouge ou hibiscus antigrippal, le plantain anti-inflammatoire, le cassia alata anti-dartres, le tamarin et la casse laxatifs, le corossol, le basilic et le maracudja ou grenadine sédatifs et anti-hypertenseurs, la pervenche antidiabétique, le pois d’angole ou ambrevade, le patagon mâle ou herbe d’Eugène diurétique, la véronique ou cochléaria cicatrisante, le pied de poule ou chiendent « rafraîchissants », le bonnet carré ou liane poc-poc antiprurigineuse et antibourbouille, etc.

La végétation naturelle a malheureusement subi une forte dégradation depuis les différentes colonisations du XVIe siècle à nos jours. Certaines plantes de la Pharmacopée créole, communes autrefois, se sont raréfiées, comme par exemple la glycérine (Anredera leptostachys), l’épineux jaune (Zanthoxyllum spp), le gaïac (Guaiacum officinale), le galba (Calophyllum calaba) aux Antilles ou l’affouche (Ficus rubra), le bois d’ortie (Obetia ficifolia) à la Réunion.

De nombreuses espèces médicinales sont menacées de disparition ; parmi elles, certaines se situent dans la forêt primaire dont la destruction est irréversible : des arbres comme le courbaril (Hymenea courbaril), l’angelin (Andira inermis) et le mirobolan (Hernandia sonora) aux Antilles, ou des espèces endémiques de la Réunion et de Maurice comme les orchidées médicinales appelées faham (Jumellea fragans) et petite carambole (Bulbophyllum nutans) ou des arbres comme le bois de goyave marron (Psiloxylon mauritianum) et le bois de rongue (Erythroxylon laurifolium). D’autres espèces menacées se trouvent dans la forêt sèche ou semi-sèche : bois mabi (Collubrina elliptica), épineux jaune (Zanthoxylum spp), murier-pays (Maclura tinctoria) aux Antilles, benjoin (Terminalia bentzoe), bois amer (Carissa xylopicron), bois puant (Foetida mauritiana), bois de senteur (Dombeya populnea), bois de poivre ou bois de catafaille noir (Zanthoxylum heterophyllum), ti bois de senteur (Croton mauritianus) à la Réunion.

L’extinction progressive de certaines plantes médicinales fait partie d’un processus plus global de déperdition des espèces dont les risques sont supérieurs dans les îles que sur le continent. Une politique récente de protection du patrimoine végétal a été entreprise pour préserver la végétation originelle qui subsiste dans les forêts.

Il est indispensable de préserver la biodiversité afin de sauvegarder le patrimoine génétique et écologique avec le maintien du capital d’espèces et la protection de la forêt primaire. À ce titre, la création de jardins botaniques, de conservatoires et de réserves naturelles devient une urgence pour le sauvetage des espèces végétales menacées. Ces plantes rares pourraient ensuite être cultivées par les différents utilisateurs.

Plusieurs actions menées tant dans les Mascareignes qu’aux Antilles et en Guyane ont abouti à la reconnaissance officielle de plusieurs plantes médicinales créoles par les autorités de santé de la métropole et à leur inscription à la Pharmacopée française (la brisée, le cassia alata, l’herbe charpentier). Plusieurs dossiers d’inscription au groupe Pharmacopée de l’AFSSAPS (l’agence des médicaments) ont été déposés (dont celui de l’ambaville).

Représentation du corps et des maladies et plantes utilisées pour leur traitement

Les images du corps qui sous-tendent la Pharmacopée créole participent d’une compréhension humorale du fonctionnement du corps et de l’univers. Aux Mascareignes, aux Antilles et en Guyane, les représentations du corps et des maladies dérivent du discours de la médecine des XVIIe et XVIIIe siècles. Selon la conception néo-hippocratique dérivée des anciennes théories humorales, la maladie est due à un déséquilibre entre le « chaud » et le « froid ». Le maintien de cet équilibre nécessite un ajustement constant du corps afin d’éviter les « imprudences » alimentaires, physiques ou sociales. Ce principe fondamental s’applique à toute la médecine créole.

Lorsque la maladie n’est pas expliquée par cette logique ou bien qu’elle devient chronique, une origine surnaturelle est suspectée. Cette conception de la maladie, familière à la médecine des colons, se retrouve dans l’organisation actuelle de la médecine populaire.

La plupart des remèdes de la pharmacopée populaire visent à maintenir l’équilibre chaud-froid régulé par le sang pour garder la santé. Cette approche veut que l’on traite une maladie du froid avec un remède qui réchauffe et une maladie du chaud avec un remède rafraîchissant.

Cette conception se retrouve non seulement dans tout le bassin caribéen d’Haïti à Trinidad jusqu’en Amérique du Sud, mais aussi dans l’océan Indien (Seychelles, Maurice, Réunion). Aux Antilles, on parle de plantes « rafraîchissantes » et de plantes « réchauffantes » ; à la Réunion, de « bois froids » et de « bois chauds ».

L’efficacité de ces comportements préventifs liés au respect des conceptions populaires n’est pas notre propos ; il n’en demeure pas moins que cette notion de chaud et froid reste présente dans les mentalités, même aux Antilles françaises et à la Réunion où les structures médicales sont développées.

La notion d’équilibre du corps est essentielle pour comprendre les représentations traditionnelles de la maladie et les thérapeutiques mises en œuvre. Il s’agit, le plus souvent, de préserver ou de rétablir un état d’équilibre entre son corps et l’environnement en évitant les brusques passages d’un état chaud à un état froid et inversement.

Ainsi, le travail au soleil peut conduire à une « inflammation », le sang chaud en excès donne de la tension ; le coup de froid provoque la grippe, la fièvre et les affections respiratoires.

Il convient de « réchauffer » le corps qui s’est « refroidi » par des plantes « réchauffantes » et de « rafraîchir » l’organisme » trop « chaud » par des plantes « rafraîchissantes ».

Le dérèglement de cet équilibre peut aussi être dû à des facteurs internes, des imprudences alimentaires qui sont provoquées en cas d’ingestion d’un aliment considéré comme froid (riz, banane, ananas, mango…) ou quelque chose de glacé.

Les plantes rafraîchissantes traitent les inflammations ou « échauffements » qui sont caractérisés par des sensations de brûlures externes au niveau de la peau et internes qui peuvent siéger dans tous les organes. Dans la gorge se sera une pharyngite, dans les articulations une arthrite, dans les organes génitaux une inflammation urinaire ou une leucorrhée (koulant), au niveau du tube digestif une gastrite, une colique, etc.

Lors d’une inflammation, on considère que le sang est sale et qu’il convient de le nettoyer des impuretés qui l’encombrent. Une tisane rafraîchissante fonctionne comme un dépuratif et « nettoie en dedans ».

Parmi les plantes rafraîchissantes, les plus utilisées sont le balai doux (Scoparia dulcis), la verveine blanche (Starchytarpheta jamaicensis), l’herbe amère (Solanum americanum), l’herbe couresse ou salade soldat (Peperomia pellucida) aux Antilles-Guyane, le change-écorce ou fandamane (Aphloia theiformis), la liane savon ou liane poilly (Embelia angustifolia), le lingue café ou liane cacapoule (Mussaenda arcuata), le lingue à poivre (Piper pyrifolium), le bois de fleur jaune (Hypericum lanceolatum), à la Réunion et à Maurice. Certains remèdes rafraîchissants utilisent les mêmes plantes aux Antilles et dans les Mascareignes : arrow root ou rouroute (Maranta arundinacea), pied de poule ou chiendent (Eleusine indica).

Les tisanes « rafraîchissantes » sont préparées en laissant macérer les plantes dans une carafe contenant de l’eau froide. Le « rafraîchi » ou « rafraîchissant » est bu dans la journée à la place de l’eau de boisson. Il est suivi d’une purge faite avec de l’huile de palma christi (Ricinus communis) ou de l’eau de coco, mais le plus souvent avec des produits achetés en pharmacie (séné, mannes en larmes, sels de médecine, limonette purgative).

À l’inverse, sont craints les refroidissements (imprudences) dus au contact d’un air frais (koudè) qui pourront conduire à une pleurésie (pirézi), maladie considérée comme plus grave que l’imprudence et où le « froid atteint le sang qui se fige et tourne en eau ».

Le traitement repose sur la prise de thés « réchauffants » pour faire transpirer le corps et « faire sortir l’eau qui s’y trouve en excès » grâce à des thés préparés avec des plantes chaudes comme l’ayapana ou japana (Eupatorium triplinerve), le chardon béni (Eryngium foetidum), le gingembre, le benjoin (Terminalia bentzoe), etc.

Les soins sont complétés par des frictions pour faire transpirer le corps. Les épices sont souvent utilisées car elles sont considérées comme « chaudes ».

Après l’accouchement, avant le retour des règles, les imprudences sont appelées suitkouch (suite de couches). Autrefois, il était d’usage d’être prudent pendant les 40 jours qui suivaient l’accouchement et de ne pas s’exposer à la pluie, ou boire de l’eau glacée, etc. Plusieurs plantes rafraîchissantes entraient dans la composition de ces recettes : à la Réunion, le lingue à poivre (Piper pyrifolium), aux Antilles et en Guyane, l’herbe puante (Senna occidentalis).

La grippe est soignée par des associations de plantes « réchauffantes », avec de nombreuses recettes personnalisées qui associent plusieurs plantes médicinales, parfois en nombre. Dans les recettes antillo-guyanaises sont associées des plantes telles que l’à-tous-maux (Alpinia zerumbet), le sureau (Sambucus canadensis), la brisée (Lippia alba), l’oseille-bois (Begonia obliqua), le guérit-tout (Pluchea carolinensis) ; dans les Mascareignes, des plantes comme le faham (Jumellea fragans), le benjoin (Terminalia bentzoe). Plusieurs plantes sont communément utilisées dans les remèdes antigrippaux créoles : le citron (Citrus aurantifolia), le basilic (Ocimum basilicum), la menthe (Mentha spicata), la citronnelle (Cymbopogon citratus), le coquelicot rouge ou hibiscus (Hibiscus rosa-sinensis).

En cas de fièvre, la médecine créole recommande de faire transpirer le malade avec des thés réchauffants. Les plantes les plus employées aux Antilles sont le quina (Quassia amara), le chardon béni (Eryngium foetidum), le citron (Citrus aurantifolia) et le graine-en-bas-feuille (Phyllanthus amarus). En Guyane, les remèdes fébrifuges utilisent de nombreuses plantes dont le quinaquina (Coutarea hexandra), et le quinquina de Cayenne (Quassia amara). À la Réunion et à Maurice, ce sont le bois de demoiselle (Phyllanthus casticum), le bois jaune (Ochrosia borbonica), le bois de joli cœur ou bois carotte (Pittosporum senacia), le faham (Jumellea fragans), la camomille ou herbe blanche (Parthenium hysterophorus).

Les flum correspondent aux Antilles à un encombrement bronchique lié à une expectoration difficile. Lorsqu’ils s’appliquent au nouveau-né, ils indiquent, suivant la description populaire, que l’enfant a bu l’eau pendant l’accouchement et qu’il est né avec un râle. Souvent les flum sont assimilés à de l’asthme, également appelé oppression. À la Réunion, on parle de rum destomac (rhume de poitrine).

Le traitement consiste à faire rendre les flums par des décoctions ou des loochs à base de côtelette (Citharexylum spinosum), d’oignon de lys (Hymenoccallis caribaea), de jus de citron (Citrus aurantifolia) ou d’orange amère (Citrus aurantium). Les plantes antiasthmatiques sont le faham (Jumellea fragans), le manguier, le plantain, la malnommée ou Jean-Robert (Chamaesyce hirta), le bois cassant (Psathura borbonica).

La blesse (blès) est un syndrome créole antillo-guyanais qui provient d’une chute ou d’un coup violent et dont les signes cliniques sont décrits par des termes relativement graves : côtes enfoncées ou fracturées, atteintes d’organes, fièvre élevée, perte d’appétit et parfois tachycardie, céphalées et vomissements. Elle est surtout décrite chez le jeune enfant, avec des symptômes tels que des indigestions, des vomissements ou des douleurs dorsales.

Le traitement populaire de la « blesse » consiste à « rafraîchir » le corps par des tisanes ; de nombreuses recettes sont citées mais la plupart contiennent des bourgeons ou des feuilles jaunes de côtelette (Citharexylum spinosum), des feuilles de mahot noir (Cordia martinicensis), d’herbe charpentier (Justicia pectoralis), d’avocat blanc (Persea americana), de plantain (Plantago major). Ces traitements sont suivis d’une petite purge réalisée soit avec un looch à base d’huile de ricin, de miel et d’eau de fleur d’oranger, soit avec une décoction de feuilles de séné.

Le traitement externe consiste à appliquer selon un rituel précis des cataplasmes (enveloppements) préparés avec des feuilles de ricin ou palma cristi (Ricinus communis), des feuilles de côtelette (Citharexylum spinosum), de bois caca (Solanum triste), de bois noir (Cordia martinicensis), de moutarde (Brassica juncea), de raisinier bord de mer (Coccoloba uvifera). Si besoin est, après échec des premiers traitements, des « spécialistes » de la blesse sont sollicités.

À la Réunion et à Maurice ce sont les tisanes « z’effort » qui soulagent les douleurs après avoir soulevé quelque chose de très lourd (www.jca-institut.com ).

Aux Antilles, les foulures (fouli) et les entorses sont soignées par des cataplasmes à base de plantes pilées avec du vinaigre et du sel : oreille mouton (Struchium sparganophorum), herbe charpentier (Justicia pectoralis), jus d’orange sure (Citrus aurantium). À la Réunion et à Maurice, les cataplasmes associent également du sel et du vinaigre à des plantes comme le bois de reinette (Dodonea viscosa), la patte poule (Vepris lanceolata), le choudefafe ou feuille paisse (Kalanchoe pinnata) et, comme aux Antilles, la belle de nuit (Mirabilis jalapa).

Les rhumatismes sont soulagés par des frictions alcooliques à base de rhum associant le mourron calebasse (Peperomia rotundifolia), le bois du Nord, l’ester fragile (Polygala paniculata), les fleurs de papayer mâle (Carica papaya), le gros thym ou gros baume (Plectranthus amboinicus), le gingembre-douleur ou longose (Hedychium coronarium), l’herbe puante ou indigo (Senna occidentalis), le branle blanc (Stoebe passerinoides). Certaines huiles antirhumatismales sont extraites d’arbres de la forêt guyanaise comme les huiles de copahu (Copaifera guianensis) et de carapa (Carapa guyanensis).

Les maladies de la peau sont soignées avec les feuilles de plantes telles que le dartrier ou kasyalata (Senna alata), le bonnet carré ou poc-poc (Cardiospermum halicacabum), la véronique, cochléaria ou boileau (Centella asiatica), l’indigo ou herbe puante (Senna occidentalis), la glycérine (Anredera leptostachys), le caca béké (Senna bicapsularis), le makouza (Hyptis atrorubens), le corossol, le fromager (Ceiba pentandra), l’aloès et la pâte d’amande (Merremia dissecta).

La cicatrisation des plaies est accélérée avec le pignon d’Inde ou médecinier béni (Jatropha curcas), le plantain (Plantago major), l’herbe bouc ou herbe à femme (Ageratum conyzoides), le gros baume ou gros thym (Plectranthus amboinicus), le mourongue ou ben ailé (Moringa oleifera).

L’hypertension (tansyon) est soignée aux Antilles et en Guyane par l’herbe couresse ou salade soldat (Peperomia pellucida), l’herbe tension (Justicia secunda), l’arbre à pain (Artocarpus altilis), l’ail (Allium sativum), et d’autres plantes comme l’herbe grasse (Commelina diffusa), la christophine (Sechium edule). À la Réunion, l’herbe (la) tension désigne deux autres espèces (Eupatorium riparium et Pouzolzia laevigata). Comme aux Antilles, l’amandier-pays appelé badamier, l’avocatier, le maracudja appelé grenadine et l’ail sont réputés pour l’hypertension ainsi que le bois de quivi (Turraea casimiriana), la souris chaude (Viscum triflorum), le mouroungue (Moringa oleifera) et le caloupilé (Murraya koenigii).

Les affections rénales dont les redoutées coliques néphrétiques sont prises en charge par l’ambrevade ou le pois d’angole (Cajanus cajan), la sonde (Rhoeo spathacea), le chiendent (Eleusine indica à la Réunion, Cynodon dactylon et Stenotaphrum secundatum aux Antilles), le bois de reinette (Dodonea viscosa), le bois de rongue (Erythroxylon laurifolium), le cocotier et le maïs.

Les troubles hépatiques (appelés mal fwa aux Antilles, accès jaune à la Réunion) peuvent être provoqués par des excès alimentaires ou un excès de bile dû à un sang trop sale. La symptomatologie dominante est la sensation de gonflement du foie, une langue chargée, des nausées et vomissements. Le traitement consiste à rafraîchir ou à laver le foie pour éliminer l’excès de bile à l’aide de tisanes rafraîchissantes et, d’une façon générale, à purifier l’organisme.

Les remèdes populaires utilisent surtout les feuilles jaunes d’arbre à pain (Artocarpus altilis), le boldo (Polyscias cochleatum) (qui n’a rien à voir avec le boldo sud-américain de la Pharmacopée française), la pomme cannelle (Annona squamosa), la banane puce (Musa X paradisiaca), l’herbe à vers (Chenopodium ambrosioides), la papaye. À la Réunion, la crise de foie est traitée par du quinquéliba (Combretum micranthum), du vétiver (Vetiveria zizanioides), du bibasse (Eryobotrya japonica), du bétel marron (Piper sp).

Le diabète (sik) serait dû à un déséquilibre entre l’amer et le sucré. C’est pourquoi il est soigné par des plantes amères comme la liane Cayenne appelée aussi liane amère (Tinospora crispa), la surette ou girembelle (Phyllanthus acidus), le caïmitier (Chrysophyllum cainito), la pervenche ou rose amère (Catharanthus roseus), le paroka ou margose (Momordica charantia), l’avocat (Persea americana), l’aloès (Aloe vera), l’absinthe (Artemisia absinthium), l’herbe aiguille ou piquant (Bidens pilosa). À la Réunion, font également partie des remèdes anti-diabétiques le jamblon (Syzygium cumini), l’herbe bouc (Ageratum conyzoides) et le bois d’osto (Antirhea borbonica).

Les vers (oxyures, ascaris, ankylostomes et ténias) sont traités par des plantes amères qui sont traditionnellement absorbées à la lune descendante pendant environ une semaine. Le traitement est suivi d’une purge réalisée avec un looch, un lavement à base de plantes ou avec un purgatif acheté à la pharmacie.

Une des plantes créoles les plus utilisées est l’herbe à vers ou herbe botrice (Chenopodium ambrosioides). D’autres plantes vermifuges sont employées comme le pompon soldat (Leonotis nepetifolia), le pourpier (Portulaca oleracea), le papayer, l’ail, le grenadier, l’absinthe, la tanaisie ou menthe glaciale (Tanacetum vulgare).

Les coliques sont des douleurs intestinales ou du bas-ventre qui ont plusieurs origines dans la conception populaire. Elles peuvent être la conséquence d’une mauvaise alimentation, mais il peut s’agir également de douleurs de règles (kolik règ), de douleurs dues à une hernie ou d’un refroidissement au niveau de l’intestin ou d’une inflammation. Les coliques sont traitées par des plantes le plus souvent amères comme la menthe glaciale (Tanacetum vulgare), le chevalier onze heures (Portulaca grandiflora), le cavalier monté ou herbe d’Eugène (Achyranthes aspera).

D’autres plantes sont parfois associées : graine-en-bas-feuille (Phyllanthus amarus), appelé petit tamarin blanc ou crénellie blanc dans les Mascareignes, absinthe (Artemisia absinthium), menthe à femme (Mentha sp), consoude (Symphytum officinale), armoise ou brède chinois (Artemisia vulgaris), etc.

Les gaz ou vents en créole sont généralement des douleurs abdominales passagères du type ballonnements. Mais ce terme s’étend à des douleurs qui se déplacent dans tout le corps comme par exemple les articulations qui craquent ou les points de côté. Les plantes citées pour soigner les gaz sont relativement peu nombreuses (une dizaine sont régulièrement employées) et les associations varient peu d’une personne à une autre.

Les principales plantes utilisées sont le patchouli (Pogostemon heyneanus), la pomme cannelle ou zatte (Anona squamosa), l’ail (Allium sativum), l’anis (Anethum graveolens), l’avocat (Persea americana), le boldo (Polyscias cochleatum).

La diarrhée est traitée par les jeunes feuilles (appelées cœurs ou bourgeons) de goyavier (Psidium guajava), le bois d’osto (Antirhea borbonica), la malnommée ou Jean-Robert (Chamaesyce hirta), la rouroute ou arrow root (Maranta arundinacea), les racines d’icaquier (Chrysobalanus icaco).

La constipation est traitée parfois encore par la pulpe de casse ou cytise indien (Cassia fistula), par la pulpe de tamarin ou les feuilles de cassia alata ou dartrier et par l’huile de ricin.

Le tambave désigne, dans les îles créoles des Mascareignes, des troubles gastro-intestinaux chez l’enfant accompagnés d’éruptions cutanées. Plusieurs complications (tisanes composées) associent le bois de gaulette (Doratoxylon apetalum), le bois de souris chauves (Viscum triflorum), la petite carambole (Bulbophyllum nutans), le colle-colle ou herbe de flacq (Siegesbeckia orientalis), le poc-poc (Cardiospermum halicacabum), l’ambaville (Senecio ambavilla), le lingue café (Mussaenda arcuata), le combava (Citrus hystrix).

Les problèmes oculaires (mal zyè ou mal de zieu) sont soignés par le plantain (Plantago major), le pourpier, le thé pays (Capraria biflora) ou le framboisin (Ocimum gratissimum).

Les maladies de la femme comme la descente de matrice après l’accouchement (malvant dérangé) font désormais partie du passé récent où les matrones accouchaient les mères à domicile. Les descentes de matrice étaient traitées par des massages, des frictions, des cataplasmes et par des thés d’herbe à chat (Eupatorium macrophyllum), de matricaire (Parthenium hysterophorus) aux Antilles. En cas de perturbations des règles sont recommandés le bois de quivi (Turraea casimiriana), la persicaire (Polygonum poiretii), le bois de fer (Sideroxylon majus) à la Réunion, l’absinthe, le gros thym (Plectranthus amboinicus), l’herbe soleil (Wedelia trilobata) aux Antilles. Aux Mascareignes comme aux Antilles, sont employés l’armoise ou brède chinois (Artemisia vulgaris), l’avocatier, la matricaire ou camomille (Parthenium hysterophorus).

Les toniques masculins sont légions et nombreuses sont les plantes considérées comme aphrodisiaques. Ces plantes, appelées pour la plupart « bois bandé » sont mises à macérer dans du rhum et sont vendues sur les marchés. D’autres espèces toniques sont souvent rajoutées dans la préparation : racines de gingembre, de safran-pays, muscade, bois de l’homme, mirobolan, bétel, kola. Les « bois bandé » sont des espèces différentes selon les régions : sur les marchés antillais, les bouteilles de bois bandé renferment du Richeria grandis. En Guyane, d’autres « bois bandé » sont macérés dans du rhum pour leurs vertus aphrodisiaques : bois-bandé cannelle (Abuta grandifolia), bois bandé (Ptychopetalum olacoides), dobouldoi (Strychnos erichsonii), ti bois bandé (Faramea lourteigiana). À la Réunion, sont réputés aphrodisiaques la liane crochet, le quinquina-pays et la liane joli cœur (Pittosporum senacia).

Les remèdes créoles des troubles nerveux sont constitués avec le corossolier ou sapoti (Annona muricata), la marjolaine (Origanum majorana), le vétiver (Vetiveria zizanioides), la sensitive (Mimosa pudica), le basilic, la verveine, l’épi bleu ou queue de rat (Starchytarpheta jamaicensis), le maracudja ou grenadine (Passiflora edulis) ou encore la mélisse de calme ou brisée (Lippia alba).

Les préparations

Infusion, macération, décoction ne sont pas des mots utilisés en médecine populaire créole. On entend plutôt qu’il faut bouillir les plantes ou les faire tremper, ce qui correspond respectivement à une décoction et à une macération.

Les « thés » sont toujours bus chauds pour traiter la grippe, les problèmes respiratoires et les refroidissements, appelés « imprudences » aux Antilles. On les distingue des « tisanes » qui rafraîchissent, appelées « rafraîchis », boissons bues froides et constituées d’une macération de plantes pour traiter diverses inflammations et « nettoyer en-dedans ».

Les remèdes créoles sont le plus souvent préparés avec des associations de plantes médicinales, appelées « complications » à la Réunion, et traditionnellement, la médecine créole utilise un nombre impair de plantes associées dans la préparation qui est généralement prise pendant un nombre impair de jours.

Les bains de plantes, appelés bains feuillage, sont très employés en médecine créole. Les plantes sont utilisées fraîches : corossol, oranger amer, citronnier, manguier, chardon béni, guérit-tout, bois canon, herbe charpentier, menthe glaciale, fromager, raquette.

Les bains de démarrage ou bains démarrés, pour délier une personne liée par un sort, et plus généralement les bains contre, c’est-à-dire les bains de protection contre les mauvais sorts, les dangers, les maléfices sont imprégnés de rituels qui ont autant d’importance que les bains eux-mêmes. Certains sont pris en fonction de la période lunaire, d’autres les premiers vendredis du mois, etc. Les plantes utilisées sont empreintes de références magico-religieuses : évangile Saint-Jean, médecinier béni, medsinyé zortolan, arada, neuf chemins, fromager, arbre considéré comme l’arbre des esprits.

La médecine créole emploie les sucs de plantes en usage local pour les problèmes de peau. Les purges sont toujours appréciées pour leur action mécanique et pour « laver le corps » et le débarrasser de ses impuretés. Les loochs sont de petites purges à base d’huile et de jus de plantes obtenu en pilant les feuilles qui sont donnés aux jeunes enfants.

On retrouve l’usage des cendres végétales, d’origine africaine, en Guyane et à la Réunion pour soigner diverses dermatoses.

Un large usage est fait des préparations alcooliques où ont macéré des plantes (dans du vermouth ou du rhum). En usage externe, les cataplasmes associent des plantes à divers ingrédients comme la chandelle molle (suif), du sel ou de l’eau rouge.

Les massages à base de végétaux sont très prisés. En Guyane, de nombreuses huiles de massage sont vendues sur les marchés. Elles sont préparées avec des arbres de la forêt : coupaya (Jacaranda copaia) ou carapa (Carapa guianensis).

Les guérisseurs créoles

Qu’ils soient guyanais, antillais, mauriciens ou réunionnais, les guérisseurs jouissent d’une très bonne réputation.

Le savoir des plantes médicinales est partagé par des guérisseurs et des « apothicaires créoles », qui cueillent les plantes et les vendent sur les marchés, et par des « grandes personnes », connues dans tel ou tel quartier pour leurs connaissances approfondies sur les plantes. Les herboristes créoles, sans être des guérisseuses à proprement parler, généralement des femmes âgées, vendent les plantes curatives dans les marchés.

À la Réunion, ce sont les tisaneurs qui ont transmis ce savoir des remèdes à base de plantes médicinales. Ils ont reçu ce pouvoir d’un aieül ou d’un vieux tisaneur. Ce sont eux qui savent préparer les « complications », mélanges de plantes, pour traiter tels ou tels maladies. Comme son nom l’indique, un tisaneur prépare des tisanes pour soigner diverses affections. Leur nombre tend actuellement à diminuer car la place de la médecine occidentale est beaucoup plus affirmée. À la Réunion, ils ne sont plus qu’une trentaine à travailler sérieusement et leurs connaissances sont de moins en moins transmises aux nouvelles générations.

Il est parfois fait appel aux spécialistes du surnaturel, tisaneur, sorcier, séancier, gadédzafè, quimboiseur antillais, gado guyanais, bocor haïtien, traiteur, lorsque la pharmacopée populaire n’a pu agir et pour traiter les maladies d’origine maléfique (appelées « maladies arrangées » à la Réunion). Leurs remèdes associent des plantes dans des mélanges complexes accompagnés de prières et d’incantations magiques. Les prêtres indiens ou malabars jouent également un rôle dans la prise en charge de la maladie.

BIENFAITS ET LIMITES

 

La phytothérapie créole doit intégrer l’arsenal thérapeutique afin d’en faire une thérapeutique à part entière, préventive, adjuvante ou curative, tout en précisant ses limites. La médecine populaire créole, transmise de générations en générations, est une référence quant à l’efficacité et la sécurité d’emploi des plantes médicinales des Mascareignes et des Antilles-Guyane. Depuis quelques années, la phytothérapie connaît un regain d’intérêt lié à l’évolution des mentalités, à la prise de conscience écologique, à la crainte des effets indésirables des médicaments et à la prise en charge de la santé par l’individu.

La phytothérapie doit se concevoir comme le traitement des maladies par les plantes (tisanes) et les préparations simples qui en dérivent (teinture, sirop, pommade), sans inclure les principes actifs isolés purs. Il paraît acquis aujourd’hui de privilégier l’apport simultané de nombreux bioactifs plutôt que des extraits plus sélectifs. Seules ces formes garantissent la sécurité apportée par le recul d’utilisation et une efficacité supérieure car une plante entière est plus efficace que la somme de ses composants. La phytothérapie recommande d’utiliser la plante entière, appelée aussi « totum », plutôt que des extraits obtenus en laboratoire car la valeur d’une plante médicinale ne se limite pas à la liste de ses principes actifs.

En phytothérapie, la notion de prévention est essentielle et le traitement par les plantes est particulièrement adapté à la prévention des maladies. Les tisanes jouent notamment un rôle essentiel dans le drainage de l’organisme. La stimulation des fonctions d’élimination permet de prévenir l’encrassement de l’organisme, à l’origine d’affections diverses. Dans la médecine antillo-guyanaise et réunionnaise, la tradition qui veut que l’on prenne régulièrement des plantes « rafraîchissantes », en fait des plantes dépuratives, a un fondement scientifique car ces plantes favorisent l’évacuation des déchets métaboliques. Le fonctionnement de nombreux organes peut être amélioré par des plantes, que ce soit les appareils digestif, respiratoire, circulatoire, urinaire, cutané, endocrinien, nerveux ou immunitaire.

La phytothérapie créole, qui propose des remèdes naturels bien acceptés par l’organisme, peut être associée avec profit avec les traitements médicamenteux. Cependant, certaines plantes peuvent modifier des traitements allopathiques en interférant avec des médicaments. La christophine par exemple possède un effet diurétique hypokaliémiant et ne doit pas être associée à des diurétiques non épargneurs de potassium. Les plantes contenant des anthracénones purgatives (casse, cassia alata, aloès) doivent être administrées à distance des traitements médicamenteux car elles diminuent leur absorption digestive. Inversement, les plantes très épicées, comme le gingembre ou le piment, augmentent l’absorption de certains médicaments et doivent être prises à distance des traitements (1 heure au moins).

Quelques règles vous permettront une utilisation sans danger des plantes médicinales :

  • Se renseigner sur les effets indésirables ou les précautions d’utilisation d’une plante avant de l’utiliser.
  • En cas de doute, commencer le traitement par une dose réduite de moitié puis augmenter les doses progressivement.
  • Limiter le traitement à une semaine, sauf sous contrôle médical.
  • Consulter votre médecin en cas d’échec de la phytothérapie.
  • Consulter votre médecin avant de consommer des plantes si vous avez une maladie grave.

Les plantes médicinales problématiques

Certaines plantes médicinales, bien qu’employées depuis longtemps en médecine populaire, posent des problèmes et leur usage doit être contrôlé. Contrairement à ce que prétend l’adage populaire, tout ce qui vient de la nature n’est pas forcément bon. Connaître les plantes créoles et leurs usages, c’est aussi être conscient des limites et des dangers de la phytothérapie.

 

Les plantes nocives

Quelques plantes sont formellement à exclure par voie interne en raison de leur toxicité démontrée : c’est le cas des plantes qui renferment des alcaloïdes pyrrolizidiniques toxiques pour le foie, comme le chacha ou cascavelle jaune (Crotalaria retusa) et la verveine crête de coq ou herbe papillon (Heliotropium indicum) (Porta et al, 1972 ; Longuefosse et al, 1989), celles qui sont hallucinogènes comme le datura (Brugmansia suaveolens), celles qui sont toxiques pour le cœur, comme l’arbre à soie (Calotropis procera) et l’herbe à Madame Boivin (Asclepias curassavica).

D’autres, comme l’immortel (Erythrina corallodendron), sont curarisantes et peuvent paralyser l’appareil respiratoire ou sont trop drastiques, comme l’oignon de lis (Hymenoccalis caribaea) et l’angelin (Andira inermis). Certaines plantes sont toxiques sur les reins, comme le trèfle caraïbe (Aristolochia trilobata). Le petit baume (Croton flavens) est à écarter par voie interne car il serait à l’origine de cancers.

D’autres plantes exercent leur toxicité sur plusieurs organes et leur usage est déconseillé : la marie derrière l’hôpital (Lantana camara), appelée galabert ou corbeille d’or rouge à la Réunion et vieille fille à Maurice, le médecinier béni ou pignon d’Inde (Jatropha curcas), le makata (Caesalpinia pulcherrima).

Les plantes à utiliser avec précautions

Quelques plantes médicinales sont à utiliser avec certaines précautions et leur emploi est limité. Dans tous les cas, respecter les doses recommandées et ne pas utiliser ces plantes de façon prolongée. Le traitement sera limité à un usage ponctuel, de quelques jours maximum avec la consoude (Symphytum officinale), l’herbe à vers (Chenopodium ambrosioides) et avec toutes les annones (pomme-cannelle, mamain, cachiman, corossol). L’herbe à vers est utilisée en traitement de 3 jours maximum et ne doit pas être utilisée chez les sujets affaiblis, à l’ouïe déficiente, chez les femmes enceintes et les enfants de moins de 3 ans. L’absinthe (Artemisia absinthium) et la menthe glaciale ou tanaisie (Tanacetum vulgare) sont contre-indiquées chez les enfants, les femmes enceintes ou allaitant et leur emploi sera de courte durée.

Les plantes contenant des anthraquinones purgatives comme l’aloès, le cassia alata ou quatre-épingles (Senna alata), le caca béké (Senna bicapsularis) et le ricin (Ricinus communis) sont à éviter chez les enfants, les femmes enceintes, et en prise prolongée. Elles doivent être prises à distance de toute prise médicamenteuse pour ne pas diminuer l’absorption des médicaments. La matricaire ou camomille (Parthenium hysterophorus) peut être allergisante et quelques études font état d’une toxicité pour le foie. Par précaution, son utilisation sera limitée.

La toxicité potentielle du lilas-pays (Melia azedarach) et du tabac (Nicotiana tabacum) limite leur emploi et la prudence est recommandée. Éviter le piment (Capsicum spp) et le gaïac (Guaiacum officinale) chez les personnes atteintes de gastrites ou d’ulcères grastro-intestinaux. Par précaution, la belle de nuit (Mirabilis jalapa) ne doit pas être employée par voie interne pendant la grossesse et chez les enfants.

Avec la barbadine ou grenadine carri (Passiflora quadrangularis), la présence de composés cyanogénétiques impose une utilisation limitée aux feuilles séchées portées à ébullition pendant un minimum de 10 minutes afin de détruire ces composés. La menthe (Mentha spp) ne doit pas être employée chez les petits enfants. La monnaie sans compter ou herbe chatte (Acalypha indica) est nauséeuse puis vomitive à haute dose. Respecter donc les doses recommandées. Le grenadier (Punica granatum) doit être utilisé sous surveillance médicale car il est très actif. À haute dose, il peut entraîner des troubles gastriques et des convulsions. Il est contre-indiqué chez l’enfant.

Les plantes déconseillées pendant la grossesse

Plusieurs plantes sont potentiellement abortives et ne doivent pas être utilisées pendant la grossesse : le coquelicot rouge ou hibiscus (Hibiscus rosa-sinensis), l’herbe soleil (Wedelia trilobata), le patagon mâle ou herbe d’Eugène (Achyranthes aspera), l’arada ou douvan-douvan (Petiveria alliacea), le mombin (Spondias mombin), la sonde ou curage (Rhoeo spathacea). Éviter d’employer chez la femme enceinte les plantes contenant des hétérosides anthracéniques ocytociques abortifs à hautes doses comme, la casse ou fleur cavadée (Cassia fistula), le cacabéké ou soumaké (Senna bicapsularis), l’aloès (Aloes vera), l’herbe puante ou indigo (Senna occidentalis). Ne pas employer les feuilles de chardon béni (Eryngium foetidum), d’avocatier (Persea americana), l’écorce de cannelle (Cinnamomum verum), le rhizome de safran-pays (Curcuma longa).

Les plantes médicinales contenant de la thuyone, comme l’absinthe (Artemisia absinthium) et la menthe glaciale ou tanaisie (Tanacetum vulgare), sont à écarter pendant la grossesse.

Les autres plantes médicinales déconseillées sont le quina ou simarouba (Quassia amara), le paroka ou margose (Momordica charantia), le grenadier, l’armoise (Artemisia vulgaris), le bouton d’or (Acmella uliginosa), le bois lait (Tabernaemontana citrifolia), le cotonnier (Gossypium barbadense), la belle de nuit (Mirabilis jalapa), la monnaie sans compter ou herbe chatte (Acalypha indica), la racine de graine-réglisse (Abrus precatorius).

Les plantes à éviter lors de maladies

D’autres plantes sont à éviter lors de certaines maladies : la carambole (Averrhoa carambola), l’ortie blanche (Laportea aestuans), l’oseille-bois (Begonia obliqua), le ti l’oseille (Oxalis frutescens) en cas d’insuffisance rénale, les annones (cachiman, mamain, corossol, pomme-cannelle) en cas de maladie de Parkinson, l’herbe à cornette (Spermacoce verticillata), le kolatier (Cola nitida), la scolopendre (Polypodium phyllitidis) en cas de problèmes cardiaques. Les feuilles et les racines de graine-réglisse ou réglisse-cascavelle (Abrus precatorius) sont à éviter chez les hypertendus et les diabétiques alors que les graines constituent un poison violent. Les plantes contenant des anthraquinones purgatives, comme l’aloès, le cassia alata ou quatre-épingles (Senna alata), le caca béké (Senna bicapsularis) et le ricin (Ricinus communis), sont contre-indiquées en cas de colopathies inflammatoires et de syndrome occlusif. Éviter d’utiliser l’aloès en cas de prostatite, de cystite, d’hémorroïdes et de troubles de la vésicule.

Les plantes douteuses

Enfin, quelques plantes sont douteuses quant à leur toxicité et donc à ne pas employer par voie interne dans l’attente de travaux complémentaires de toxicologie. C’est le cas du bois blanc (Simarouba amara), du centime ou salade madame Hector (Emilia spp), du dos blanc (Chaptalia nutans), de l’herbe à chat (Eupatorium macrophyllum), du fleurit Noël (Eupatorium odoratum), de l’olivier bord de mer (Bontia daphnoides), de la pâte d’amande (Merremia dissecta) et de la sensitive (Mimosa pudica).

LE POUVOIR DES COMPOSES NATURELS VEGETAUX

Les phytonutriments

Ce sont des molécules complexes élaborées par les plantes qui présentent l’énorme avantage d’exercer des effets bénéfiques pour la santé : maladies chroniques et dégénératives : Alzheimer, Parkinson, rhumatismes, cancer, vieillissement prématuré.

Les plantes synthétisent des milliers de molécules destinées à leur propre défense et qui deviennent des actifs de notre protection. Découverts ces dernières années, les phytonutriments font l’objet de nombreuses études scientifiques. Ils nous protègent de l’excès de cholestérol, du durcissement des artères, des maladies cardiovasculaires, de certains cancers et même du vieillissement prématuré, et ce, grâce principalement à leur pouvoir antioxydant et leur capacité à favoriser l’élimination des déchets toxiques.

Aujourd’hui, l’alimentation n’est plus uniquement une source d’énergie mais elle est également source de santé et de bien-être et la seule façon d’obtenir des phytonutriments indispensables à notre santé.

On estime que la seule alimentation est la cause principale de 30 à 70 % des cancers. Ce fait est démontré par de nombreuses études médicales et scientifiques.

D’où l’apparition sur le marché d’aliments ayant un effet bénéfique pour la santé : nutraceutiques, alicaments, désignés dans les pays anglosaxons par les termes de nutraceuticals, functional food, pharmafood, designer food, phytochemicals, cosmeto food…

Les principaux phytonutriments sont les polyphénols (flavonoïdes, acides phénoliques, tanins), les composés terpéniques (caroténoïdes, limonoïdes), d’autres antioxydants (vitamines, sélénium, zinc), les composés soufrés (organosulfurés, isothiocyanates), les acides gras essentiels, les phytoestrogènes.

Les flavonoïdes et les antioxydants contenus dans les plantes préviennent le stress oxydatif dû aux radicaux libres et impliqué dans des altérations cellulaires conduisant au développement des maladies dégénératives. Les acides gras polyinsaturés des séries oméga 3 apportés par les plantes vont bloquer la phospholipase, enzyme responsable de nombreuses pathologies chroniques.

D’autres principes actifs contenus dans les plantes médicinales apportent divers bénéfices thérapeutiques.

Par exemple, dans la prévention des cancers :

  • le lycopène de la goyave, de la grenade et de la tomate protège du cancer de la prostate ;
  • le génistéine du soja protège des cancers hormono-dépendants (sein, utérus, prostate) ;
  • les limonèmes des agrumes protègent contre le cancer du sein ;
  • les composés soufrés de l’ail et des crucifères réduisent les risques de cancers du colon, de l’estomac et de la prostate ;
  • le gingérol et la zingérone du gingembre sont actifs sur le cancer de la peau.

Le drainage radicalaire consiste à neutraliser par des plantes les radicaux libres formés en excès dans l’organisme afin de prévenir les affections liées au phénomène radicalaire, quelles soient auto-immunes (pneumopathies, diabète, lupus érythémateux), inflammatoires (arthrose, arthrite, ostéoporose), digestives (gastrite, ulcère, pancréatite, colite, cirrhose), circulatoires (troubles de la circulation veineuse, hypertension artérielle, artériopathie diabétique), dermatologiques (eczéma, acné, psoriasis), métaboliques (diabète, hypercholestérolémie, excès de poids, goutte), gynécologiques (syndrome prémenstruel, troubles des règles, ménopause), immunitaires (affections virales), dégénératives (cancers, Alzheimer, sclérose en plaque) ou diverses (asthénie, anémie, spasmophilie, cataracte, vergetures, cellulite, amaigrissement) (www.guarana.re ).

Le drainage radicalaire est conseillé en cures de quelques jours par mois, régulièrement, et après des événements organiques : excès divers, stress, épisode infectieux, inflammatoire, métabolique, sport intensif.

Ces drainages réguliers permettent de prévenir les rechutes de maladies, de diminuer les doses de médicaments en cas de traitement médicamenteux et de limiter les effets indésirables de ceux-ci.

Où trouver les phytonutriments ?

Chaque fois que cela est possible, il est préférable de consommer une plante contenant un phytonutriment nécessaire plutôt que de prendre ce même nutriment sous forme médicamenteuse. En effet, la biodisponibilité, c’est-à-dire l’utilisation réelle par l’organisme des nutriments contenus dans la plante, est meilleure que celle des compléments médicamenteux. Choisir des fruits, des légumes et des plantes médicinales de préférence biologiques. En effet, les légumes et fruits biologiques ne sont pas chargés de produits chimiques synthétiques provenant d’engrais commerciaux, d’herbicides et d’insecticides de synthèse.

Les anti-oxydants en vogue

Apportés uniquement par l’alimentation, les anti-oxydants protègent naturellement l’organisme contre les méfaits des radicaux libres dans l’organisme, à l’origine du fameux stress oxydatif. Les radicaux libres, molécules ayant un électron en moins, sont produits lorsque les cellules brûlent l’oxygène pour créer de l’énergie. Ce sont des agents toxiques issus du métabolisme de l’organisme et dont la concentration augmente au cours de certaines maladies (infection, inflammation, allergie) ou en cas d’exposition à des toxiques de l’environnement (pesticides, métaux lourds…). Du déséquilibre entre la production de radicaux libres et les systèmes de défense de l’organisme naît ce que l’on appelle le stress oxydatif, qui est impliqué dans le processus du vieillissement et des maladies dont la fréquence augmente avec l’âge : maladies d’Alzheimer et de Parkinson, cancers, maladies cardio-vasculaires, ostéoporose, cataracte, arthrose.

Les anti-oxydants végétaux contribuent à prévenir les plaques athéromateuses qui sont à l’origine de troubles cardiaques, d’embolies et de phlébites. Ils préviennent les affections liées au vieillissement (Parkinson, rhumatismes déformants, Alzheimer) et certains cancers. En effet, les antioxydants capturent et neutralisent certaines substances qui peuvent endommager le matériel génétique par oxydation.

Ils sont également utiles pour prévenir des troubles moins graves comme les douleurs musculaires, l’acné, l’eczéma, le retard de cicatrisation, la fatigue, les problèmes infectieux, le stress, les troubles de la mémoire.

Les plus actifs des anti-oxydants sont la vitamine E (tocophérol), les caroténoïdes (lycopène, lutéine, béta-carotène), la vitamine C, les polyphénols, les tanins, le sélénium.

La concentration des anti-oxydants est fortement augmentée dans les plantes sauvages et dans les produits biologiques.

Le resveratrol du raisin sauvage est un anti-oxydant redoutable.

Les caroténoïdes

Les caroténoïdes sont les pigments qui donnent leurs plus belles couleurs aux plantes et aux fruits et légumes. En dehors de cette propriété, ils sont bénéfiques pour la santé. Les caroténoïdes agissent grâce à leur activité anti-oxydante contre les radicaux libres, agents principaux du vieillissement. Ils protègent contre certains cancers, renforcent les défenses anti-infectieuses et préviennent les maladies cardio-vasculaires. Les plus connus sont le béta-carotène, le lycopène, la lutéine et la zéaxanthine.

Les principales sources de caroténoïdes sont des fruits (cerise-pays, mangue, ananas, melon, pastèque, pamplemousse, orange, papaye, abricot-pays, fruit de la passion, surette, piment), des légumes (patate douce, brocoli, épinard, giraumon, tomate, carotte, salade, poivron, betterave), des plantes (roucou, piment, persil).

Le béta-carotène est un pigment qui donne leur couleur rouge ou orange aux plantes. C’est un précurseur de la vitamine A (rétinol) qui joue un rôle majeur dans la prévention des maladies cardiovasculaires, des maladies dégénératives et des cancers. Il stimule les défenses immunitaires contre divers agents carcinogènes et autres composés toxiques (cf. Ben-Dor et al., 2005).

Les principales sources végétales : carotte, patate douce, poivron rouge, melon, papaye, giraumon, brocoli, pastèque, choux, courge, courgette, kiwi. Les apports nutritionnels conseillés (ANC) sont de 6 à 12 mg par jour (jusqu’à 25 mg en cas de besoins augmentés).

Une seule patate douce apporte 15 mg de bétacarotène.

Le lycopène est un caroténoïde non précurseur de vitamine A mais qui possède une puissante activité antioxydante, supérieure au béta-carotène. Il réduit les risques de cancer de la prostate, du sein et du poumon et ralentit certains effets liés au vieillissement (cf. Giovannucci, 1999 ; Schunemann et al., 2002 ; Rao & Agarwal, 2000).

En ce qui concerne le cancer de la prostate, une étude portant sur 47 000 personnes a montré qu’une consommation d’aliments riches en lycopène réduit le risque de cancer de 45 %. En outre, le lycopène prévient les maladies cardiovasculaires et possède des propriétés hypolipidémiantes (cf. Gianetti et al., 2002 ; Arab & Steck, 2000).

On le trouve en quantité importante dans la goyave (5,4 mg/100 g), la tomate rouge (3,1-7,7 mg), le pamplemousse rose (3,36 mg), la papaye (2-5,3 mg), la pastèque (4,1 mg), l’orange sanguine, le basilic.

Les préparations cuites à base de tomate contiennent davantage de lycopène (pâte de tomate en conserve : 80 mg pour une tasse) et celui-ci est mieux absorbé dans l’organisme en présence d’huile.

Les apports nutritionnels conseillés (ANC) sont de 6 à 12 mg par jour (jusqu’à 25 à 30 mg en cas de besoins augmentés).

La lutéine et la zéaxanthine réduisent le risque de cancer du sein et retardent la dégénérescence maculaire et la cataracte. La lutéine est surtout présente dans le maïs, les crucifères (brocoli, choux) et les légumes verts, la goyave, la mangue, le piment, les courges. La zéaxanthine provient presque exclusivement du maïs.

Il semble démontré que la consommation simultanée des caroténoïdes les plus importants apporte des effets synergiques, c’est-à-dire un degré de protection supérieur à celui apporté individuellement par chacun d’entre eux.

Echelle d’activité des caroténoïdes antioxydants :

lycopene > alpha-carotène > béta-cryptoxanthine > zéaxanthine > béta-carotène > lutéine.

Les vitamines antioxydantes

La vitamine C

Antiradicalaire puissant, la vitamine C ou acide ascorbique est une vitamine anti-fatigue, antioxydante majeure. Elle permet de piéger un grand nombre de radicaux libres, stimule les défenses immunitaires et augmente la résistance aux infections. Elle améliore la circulation sanguine et protège l’organisme contre les affections cardiovasculaires (Kurl et al., 2002). Elle protège les organes contre les affections dégénératives liées au vieillissement et protège de certains cancers (poumon, estomac).

On trouve de bonnes sources de vitamine C dans les fruits et légumes surtout exotiques et dans quelques plantes médicinales : cerise-pays (1400 mg/100 g), pomme-cajou (1300 mg), goyave (300 mg), kiwi (250 mg), persil (200 mg), poivron rouge (170 mg), ti l’oseille (125 mg), brocoli (75 mg), jujube (70 mg), chou vert (70 mg), papaye (65 mg), orange (60 mg), cresson (60 mg), citron (50 mg), carambole (50 mg), mangue (45 mg), pamplemousse (45 mg), groseille-pays (40 mg), maracoudja (30 mg), pourpier (26 mg), ananas (25 mg), piment, gombo.

Les apports nutritionnels conseillés (ANC) pour un adulte sont de 100 à 150 mg par jour ( Jean Claude AUTRAN – INRA – www.jca-institut.com )  voir les recherches de l’organisme APLAMEDOM: www.aplamedom.com/

plantes 300x225 Se soigner par les plantes Creoles ( Jean Claude AUTRAN   INRA, Ile Reunion 974 )

45 résponses to Se soigner par les plantes Creoles ( Jean Claude AUTRAN – INRA, Ile Reunion 974 )

  1. Laurence

    Bonjour,
    Pourrait-on me parler des préparations médicinales à base de cerises carrées, j’ai un petit cerisier de ce type qui me donne ses premiers fruits. D’après mon voisinage créole, certains remèdes sont possibles mais pour quels problèmes ?

  2. kaci

    riche interessant je reviendrai souvent sur ce site … pourriez vous me donner une recette naturelle pour debarasser un adulte d une amibiase ancienne merci

  3. lebon

    bonjour je voudrais savoir quel plantes prendre pour l’insomnie je dors tres mal avec beaucoups de penses et sa fait des annees que sa dur merci de me conseille cordialement

  4. natali

    pourrait ont me parler d’une plante qui s’appelle liane panier en Haïti et si possible avoir une image merci.

  5. araye

    bjr pouvez me donner un remede pour les dates, MERCI

  6. soodin sunil

    sil vous plait veuillez me faire savoir quel sont les tisanes ou traitement pour une gratelle sec au niveau de la cuisse, et sous les testicules.
    merci bien a vous
    Sunil.

  7. JCA

    Bonjour pour vous répondre utilement pouvez vous avoir le nom scientifique de cette plante ? Je vois a quoi vous faites allusion mais en Haiti que je connais bien , plusieurs plantes portent le même nom? a vous lire JC AUTRAN

  8. JCA

    Bonjour pour vous répondre utilement pouvez vous avoir le nom scientifique de cette plante ? Je vois a quoi vous faites allusion , plusieurs citations portent le même nom? a vous lire JC AUTRAN

  9. JCA

    la fleur d’oranger, se présente sous forme de tisane (tisane de fleur d’oranger), le soir c’est vraiment tres efficace , voir aussi les huiles essentielles de fleur d’oranger merci JC AUTRAN

  10. JCA

    Vu ma formation d’origine qui est la pharmacie , je vous conseille après avoir vu votre médecin : GANIDAN 500 MG, COMPRIME. C’est la seule façon de se débarrasser des amibes, la quinine à aussi un effet mais non curative. Maintenant si ce sont des séquelles instestinales des amibes , le mieux ce sont des comprimés de centella asiatica qui cicatriseront cela. Pour information JC AUTRAN

  11. JCA

    Euphorbia milli splendens dit euphorbe, mais il faut demander un conseil pour son application et son utilisation a votre pharmacien. Merci JC AUTRAN

  12. JCA

    Autres herbes qui servent à régulerr les flux menstruel sont réglisse, verveine, manteau pour Dame, blue actée, persil et squaw vigne. Lors de la prise de phytothérapie, il est important de travailler avec un herboriste formé. Les plantes ont de fortes capacités de guérison, mais ils peuvent aussi entraîner des complications lorsqu’il est utilisé de manière incorrecte. merci JC AUTRAN

  13. ce fut une lecture très enrichissante, je conseillerais à mon entourage.

  14. Je voudrais avoir une recette pour les hémoroïdes. merci

  15. Lefèvre

    Bonjour pourriez vous me donner une tisane pour éliminer des calculs rénaux ?
    Merci d avance

  16. richomme brigitte

    bonjour, je cherche des feuilles de goyavier ou pourrai je les trouver d avance merci pour me donner un contact afin de pouvoir en acheter tres cordialement brigitte richomme

  17. abaul

    je cherche une plante qui s’appelle” zoreille à chauve souris”.

  18. abaul

    je veux savoir sa fonction ainsi que ses effets.

  19. Quelles sont les plantes ou les aliments médicinales pour la maladie de syphilis

  20. joe

    merci pour cette lecture très enrichissante.Je me soigne pas mal par les plantes, du moins quand je les connais et j’entends beaucoup parler des pouvoirs du curcuma et j’aimerais avoir quelques infos sur ce qu’il peut soigner. Merci. Joe

  21. dominique delyon

    Bonjour très agréable de retrouver tout ce vocabulaire kréol’ .
    je souffre d’ un blépharospasme invalidant ..
    existe – il un traitement par les plantes pouvant soulager , guérir ce disfonctionnement ?merci .

  22. JLG

    Bonjour,

    je sais les bienfaits de la liane panier (chamissoa altissima) sur les insuffisances en fer de l’organisme.

    Pourriez-vous me dire, s’il vous plaît, où je peux m’en procurer des feuilles pour en faire des tisanes, ou les manger cuites sautées à la poêle?

    Merci de me répondre

    Joséphine

  23. JLG

    P.S…. où me les procurer, soit en France métropolitaine ou en Italie

  24. PIC

    Bonjour,
    Je suis étudiante en soins infirmiers et ma question est de savoir pour le personnel soignant en réticent dans l’utilisation de la pharmacopée traditionnelle notamment dans futur métier “infirmière”.
    Je remercie d’avance de bien vouloir me répondre

  25. ASY973 de GUYANE

    INCROYABLE ! J’AI L’IMPRESSION QUE VOUS ÊTES DE CHEZ NOUS, DE LA GUYANE
    car TOUT CE QUE VOUS DITES DES PLANTES, TISANES, les NOMS et LEURS EFFETS
    SONT COURANTS CHEZ NOUS. En EFFET NOUS SOMMES TRES CROYANTS EN LA PHYTOTHERAPIE et les JEUNES CHEZ NOUS s’y INTERESSENT ! MERCI A VOUS JCA
    et à BIENTOT, CAR JE VIENDRAIS SOUVENT SUR VOTRE SITE ! MILLE MERCIS POUR TOUTES CES INFORMATIONS QUE VOUS NOUS TRANSMETTEZ ! FELICITATIONS !
    Une “FAN”

  26. JCA

    La pharmacopée actuelle tiens compte et est souvent issue des plantes…

  27. philippe FILIPPI

    bonjour Mr, je suis actuellement étudiant en soins infirmiers et j’ai un ami qui prépare un travail de recherche sur l’utilisation de la phytothérapie au sein des centres hospitaliers à la Réunion avez vous des renseignement sur le sujet? connaitriez vous des praticiens utilisant la phytothérapie susceptibles de répondre à des questions ? merci de votre reponse.

  28. Eve

    Bonjour,

    J’aimerais savoir les bienfaits du bois manzelle

  29. JCA

    C’est très légèrement aphrodisiaque..

  30. thevenin corinne

    bjr, le bois de mendzellz fait -il maigrir

  31. mlm

    je suis tres interressée par la medecine naturelle,grand merci a vous de nous informer.

  32. biguena

    urgent cherche comment faire pour arreter les saignements hemmoroidaires internes ou externes sans intervention chirurgical. ( plantes de nos encetres svp °) MERCI

  33. DIJOUX

    BJR, y a t-il une tisane pour le glaucome?.
    J’ai 16 de tension dans l’oeil gauche et 13 à droite.
    L’oeil gauche est à moitier détérioré.
    En juin dernier,j’ai subit le laser des 2 yeux et toujours sous traitement (les gouttes le soir).
    MERCI de me répondre.

  34. JCA

    Le glaucome touche en général les personnes à partir de 40 ans. Cependant, on le retrouve parfois chez des personnes moins âgées et aussi chez des enfants.
    Traitement médical : en France on me prescrit des gouttes XALATAN et du CARTEOL Unidose
    Phyto : Tisane de busserole (tisane de raisin d’ours)

  35. JCA

    • HEMOROIDES : Combattre l’excès de poids,
    • Éviter la sédentarité, la position assise prolongée. Bouger, marcher régulièrement dans la journée, faire du sport en adaptant l’effort à la douleur
    • Lutter contre la constipation car la constipation favorise l’apparition des hémorroïdes. Adopter une alimentation riche en fibres, à base de légumes, fruits frais ou fruits secs. Faire de l’exercice ou du sport régulièrement. Boiresuffisamment d’eau (1.5 à 2 l /j) en préférant les eaux fortement minéralisées (type Contrex, Hépar). Éviter les repas déséquilibrés et trop abondants Supprimer les excitants: alcool, tabac, épices, piment, poivre, café, thé, gibier,sodas…
    • Avoir une alimentation riche en vitamine C
    • Ne prenez pas d’aspirine pour calmer la douleur
    Faire une toilette méticuleuse après être allé à la selle. Remplacer dès que possible le papier toilette par un lavage à l’eau et au savon. Le lavage doit se faire directement avec les mains (propres). Préférer des gants de toilette à usage unique. Utiliser un pain dermatologique ou un soin lavant doux (Neutrogena® pain dermatologique, A-Derma® Exoméga huile nettoyante, Saforelle® Gel lavant doux)
    Traitemennt : Suppositoires anti-hémorroïdaire : Sédorrhoïde® 2/jour à mettre de préférence après les selles. Enrobez les suppositoires avec une pommade antihémorroïdaire afin d’en faciliter l’introduction. Veinotoniques per os à la posologie maximale 2 à 3g/jour pour la diosmine pendant 3 jours, puis à la posologie normale pendant 2 à 6 semaines ( plus Daflon et marron d’inde).
    Autre : Le froid apporte un double bénéfice, une action anesthésiante et un effet décongestionnant par vasoconstriction. Ce dispositif médical est un bâtonnet anal, de forme anatomique destiné à être appliqué au niveau du rectum. Il suffit d’appliquer le coldstick refroidi au freezer ou au congélateur durant 15 minutes. Il produit un froid sec et continu capable d’apporter une antalgie et un soulagement en moins de 5 minutes.
    Aromatherapie : L’huile essentielle de cyprès (Cupressus sempervirens) a des propriétés décongestionnantes veineuses et astringentes, d’où l’utilisation par voie orale de son huile essentielle en cas de crises hémorroïdaires (contre-indiquée chez la femme enceinte).
    L’huile essentielle de géranium rosat peut également être utilisée en raison de son activité anti-inflammatoire et hémostatique. A diluer dans une huile végétale avant de les appliquer localement.
    Phyto :
    Ficaire fausse renoncule(Ranunculus ficaria) Les petites racines, en forme de tubercules, ont une ressembla ce fréquente avec des hémorroïdes d’où son nom: “herbe aux hémorroïdes”. Utilisation interne : Infusion ou décoction courte de 50 à 60g de racines par litre d’eau. Utilisation externe : Suc de la plante fraiche obtenue par expression à badigeonner sur les hémorroïdes.

  36. line

    bjr je recherche une tisane qui pourais m’aider a perdre mes 8kilos de grossese merci d’avance

  37. JCA

    il n’y a pas de tisane pour cela. Avoir une bonne hygiène de vie, faire des abdos, reduire sucre, pain, graisse, manger moins.

  38. jo

    bonjour,
    je vis sur l’ile de la Réunion et m’intéresse depuis peu à la phytothérapie…Votre article est excellent et me donne une bonne base pour débuter…

    j’ai une grosse période de stresse dernièrement, mélangé à de l’anxiété et j’ai du mal à trouver le sommeil, une fois celui ci trouvé il est très agité (beaucoup de rêve notamment) !!!

    Quel maux dois je soigner en premier ? ou puis je les soigner en même temps ?
    j’aimerais avoir votre avis avant d’aller voir mon tisaneur…

    Cordialement

  39. alix filsaime,

    Le lianne panier est surtout utilizer en Haiti dans l’alimentation pour les situations de defficience alimetaire et est reconu pour ses hautes teneurs en fer.Les femmes en font cure pendant pas plus que 3 jours consecutifs après leurs regles,comme mesure compensatoire,au besoin.

  40. JCA

    Bonjour, essayer la fleur d’oranger en tisane.

  41. Azur

    Bonjour,
    Quelles plantes utiliser pour m’enlever ces vilaines taches noires sur mon visage. Traces d’acné hormonal.
    Et comment utiliser les plantes (tisane, infusion, décoction ….)
    Je suis antillaise, donc peau noire.
    Merci de votre conseil.
    Cordialement.

  42. magnolia

    que conseillez -vous contre le psoriasis?

  43. magnolia71

    que proposez-vous contre le psoriasis?

  44. JCA

    ELIMINER LES CAUSES /
    Parfois, les poussées de psoriasis sont déclenchées par des facteurs externes. Parmi les déclencheurs possibles de ces poussées, on note :
    • la consommation d’alcool ;
    • un coup de soleil grave ;
    • un emploi excessif ou un arrêt brutal d’un traitement par les médicaments corticostéroïdes (souvent utilisés contre le psoriasis) ;
    • la froidure ;
    • une infection par des bactéries ou des virus : les personnes atteintes de psoriasis observent souvent l’apparition d’une certaine sorte de lésion après un rhume ou une infection bactérienne de la gorge ;
    • des maladies qui réduisent l’efficacité du système immunitaire (par ex. une infection par le VIH) ;
    • des médicaments (par ex. les antipaludiques, les bêtabloquants et certains anti-inflammatoires) ;
    • des modifications hormonales ;
    • une réaction allergique à des médicaments ;
    • un stress psychologique ;
    • le tabagisme ;
    • un traumatisme physique ou une lésion cutanée ;
    • des vaccins ;
    • la varicelle.
    TRAITER /
    Mieux vaut demander conseil à son pharmacien ou à son médecin avant d’utiliser de telles huiles.
    Contre le psoriasis, il peut être conseillé d’utiliser, par exemple dans l’eau du bain :
    • de l’huile essentielle de lavande,
    • de l’huile essentielle de géranium rosat,
    • de l’huile essentielle de bois de rose,
    • de l’huile essentielle de laurier contenue dans le savon d’Alep.
    Avec les huiles essentielles, les personnes atteintes de psoriasis utiliseront dans le bain des huiles apaisantes, permettant de diminuer l’inflammation et la sécheresse de la peau.
    Les huiles recommandées sont :
    • l’huile d’amande douce,
    • l’huile de macadamia,
    • l’huile de ricin.
    Ces huiles permettent de limiter le dessèchement de la peau après le bain.

Add Comment Register

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>